Un deuxième semestre marqué par des risques de tempête commerciale

Franck Pauly

Un deuxième semestre marqué par des risques de tempête commerciale

7 SEPTEMBRE 2018
Par Franck Pauly,  Journaliste indépendant - Fondateur de FAP Conseil

Malgré une croissance toujours au rendez-vous et une robustesse des bénéfices dans plusieurs régions - notamment aux Etats-Unis -, des vents contraires ont clairement soufflé sur les marchés au premier semestre.

L'intensification des guerres commerciales entre les Etats-Unis et ses partenaires, la hausse du pétrole et le retrait annoncé des liquidités des banques centrales ont débouché sur un premier semestre décevant - malgré une toile de fond économique positive - se soldant par une baisse de 1,06% de l'indice MSCI Monde et un maigre gain de 2,5% en euros, une hausse plus sensible de 4,7% (en euros) du S&P 500 américain, mais un recul de 16,8% de l'IBOVESPA brésilien. Et cet été, le plongeon de la Livre turque a ajouté un cran à l'aversion au risque.


En France, le premier semestre boursier s'est soldé par une toute petite avance de 0,2% du CAC 40. Aujourd'hui, l'indice parisien gagne 2,3% depuis le 1er janvier. Dans un tel contexte, que peut-on attendre des marchés financiers au second semestre ?

Sous le signe de la prudence

La plupart des gérants, même s'ils restent relativement confiants dans le potentiel plus limité des actions que par le passé, sont prudents et anticipent une volatilité accrue : deux raisons pour lesquelles ils renforcent leur diversification, en termes d'actifs et de régions, pour tenter de réduire les risques.

Les taux restent bas, au bénéfice des actifs risqués, notamment les actions, qui restent un peu un investissement par défaut. Il va toutefois s'agir de surveiller différents éléments qui vont continuer d'agiter les marchés sur la deuxième partie de l'année. Les tensions américano-iraniennes pourraient alimenter une nouvelle hausse du pétrole, préjudiciable avant tout aux Européens et aux Japonais. L'accentuation de la guerre commerciale - un scénario qui entraînerait une baisse sensible des marchés actions - pourrait atteindre l'Union européenne dont une part non négligeable du PIB dépend des échanges extérieurs. Et la multiplication des foyers de tensions au sein de l'Union européenne (Royaume-Uni avec le Brexit, Italie avec des tentations de s'affranchir des règles européennes) pourrait aussi peser sur la croissance. Enfin, la vigueur du dollar liée au mouvement de relèvement des taux aux Etats-Unis pénalise les marchés émergents, car elle entraîne une hausse des coûts de service des dettes et des importations.

L'Autorité des marchés financiers (AMF) va même plus loin : une correction brutale des prix des actifs financiers reste le risque principal auquel sont confrontés les marchés, à un moment où l'environnement macroéconomique pourrait ralentir, a estimé cet été dans sa cartographie des marchés et des risques 2018 le gendarme des marchés français, qui considère les valorisations comme élevées.

Accalmie possible

Pourtant malgré les tensions commerciales et les craintes sur la croissance, la plupart des analystes continuent de tabler sur une croissance mondiale robuste et une inflation contenue. Ils restent donc prudemment optimistes sur les actions.

Car les vents contraires pourraient se calmer. Certains envisagent une accalmie sur les marchés dans les prochains mois si des revirements de tendance se mettent en place. Pour certains, le marché du pétrole pourrait avoir atteint un pic. Pour d'autres, la différence de politique monétaire entre la Réserve fédérale américaine et la BCE étant largement dans les cours, une stabilisation du dollar américain est envisageable, ce qui devrait soutenir les devises émergentes et donc la dette de ces pays.

Si nombre d'analystes envisage un CAC retrouvant les 5.500, voire les 5.800 points en fin d'année, les attentes et les recommandations restent divergentes entre les sociétés de gestion. Cela dit, les marchés bénéficiant de fondamentaux solides recèlent des opportunités de long terme, s'accordent à penser la plupart des observateurs.

Avertissement

Article achevé de rédiger le 23 août 2018.

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