Rétrospective : que s’est-il passé pour le CAC40 depuis octobre 2017 ?

Nicolas Chéron

Rétrospective : que s’est-il passé pour le CAC40 depuis octobre 2017 ?

28 JUIN 2018
Par Nicolas Chéron,  Responsable de la Recherche Marchés pour Binck.fr

Depuis le mois d’octobre dernier, que ce soit dans nos émissions ou nos analyses, nous avons tenté de vous donner toutes les clés pour comprendre les marchés sur 3 sujets distincts :

• Le très long terme avec le possible risque d’une fin de cycle, la possible dégradation des fondamentaux économiques dans les trimestres à venir et une correction majeure sur les indices.

• Le décryptage de l’environnement actuel avec une macroéconomie plutôt positive, les bons résultats des entreprises et l’absence de réactions baissières à la géopolitique. Ces 3 facteurs sont ceux qui ont porté la hausse au mois d’avril et mai entre autres.

• L’analyse technique qui nous permet de naviguer au quotidien et d’alterner entre des phases haussières et baissières ces 6 derniers mois, sans adopter de biais mais en faisant l’effort de suivre les tendances et signaux techniques.

Depuis 9 mois maintenant, ces 3 thématiques sont celles que nous alimentons au quotidien grâce à la Binck TV ou encore aux analyses écrites que nous mettons à votre disposition.

Avec cet article de synthèse de l’ensemble de ces travaux de recherche et d’analyse, que vous pourrez emporter avec vous pour les vacances, nous avons souhaité vous rappeler les éléments clés que nous avons mentionné tout au long de l’année sur le CAC40, indice phare de la place parisienne, qui vous permettront ainsi de voir émerger des scénarii possibles pour les mois à venir.

L’objectif de l’ensemble de l’équipe de Binck.fr est bien sûr de vous accompagner au quotidien dans vos investissements boursiers, mais nous croyons également à la pédagogie dans la durée. Nous espérons que ce récapitulatif vous permettra de progresser dans votre compréhension des marchés financiers et de devenir ainsi des investisseurs encore plus avisés que vous ne l’êtes déjà !


Octobre 2017, notre première analyse « De records en records » avait pour objectif de poser un cadre long terme qui allait pouvoir être agrémenté au fil des émissions et analyses. Nous avions mis l’accent sur la dernière phase d’un marché haussier, et l’euphorie qui caractérise souvent la fin d’un cycle boursier. Nous avions également mis exergue que la séquence haussière en cours depuis 10 ans est l’une des plus longues de l’histoire des marchés financiers avec le risque possible que sa fin soit proche.

En janvier, dans notre analyse « Une page se tourne », nous vous expliquions en quoi la hausse des marchés a été soutenue ces dernières années par les Banques centrales et le fait que ces dernières allaient progressivement se retirer en 2018. Nous constations que la hausse des indices boursiers était également justifiée par d’excellents fondamentaux avec notamment des résultats records à travers le monde. Toutefois, nous avions vu que l’accélération haussière débutée en décembre 2017 serait difficilement tenable et qu’il fallait absolument se méfier de l’eau qui dort et de la volatilité.

En février, un épisode de volatilité sans précédent récent a eu lieu. Le VIX est passé de ses plus bas historiques à ses plus hauts de 10 ans en quelques séances. Les marchés américains ont perdu pied et le doute a commencé à s’installer. Dans « Indices : Correction salutaire ou krach imminent ? », nous avions conclu qu’un ajustement violent avait été nécessaire et que les acheteurs n’avaient peut-être pas dit leur dernier mot. Enfin, nous avions mis en avant un outil graphique que tous les spécialistes regardent, il s'agit de la moyenne mobile à 200 jours. Seule une rupture de ce pivot dynamique ouvrirait la voie à un scénario fortement baissier, il est actuellement à 2665 points. La hausse de long terme n'est donc, pour le moment, pas remise en question

Un mois plus tard, nous avons publié « Comme un parfum de 2008 ? ». Notre objectif ici était de lister un grand nombre de très bonnes nouvelles (résultats des entreprises, sentiment économique, indicateurs économiques au plus haut) mais également de faire le parallèle avec la dernière crise économique et boursière majeure. En effet, en 2008, avant qu’un élément exogène ne vienne faire perdre pied aux indices (chute de Lehman Brothers notamment), nombreux étaient les indicateurs au beau fixe…Les investisseurs baissiers étaient alors taxés de pessimistes, un peu comme ces derniers mois en somme. En lisant cette analyse, vous comprenez pourquoi il est préférable de rester sur le qui-vive. Les marchés étaient jusqu’ici fortement haussiers mais un changement de rythme n’aurait rien d’inconcevable.

C’est d’ailleurs ce sujet que traite l’analyse suivante « L’immuable cyclicité des marchés boursiers ». Cycles économiques et cycles boursiers sont entrelacés et se répètent. L’inéluctable devrait donc arriver : une correction baissière majeure. Nous ne savons pas quand, mais nous ne nous étonnerons donc pas si elle prend forme.

Le 4 avril, nous avons réalisé un wébinaire sur la méthode d’analyse « Ichimoku » lors duquel nous avons fait plusieurs constats, notamment lors d’un volet prospectif (à partir de 1h03) : les indices américains pourraient ou ne sont pas loin d’avoir complété des vagues eliottistes de très long terme à la suite desquelles ils pourraient amorcer une descente. Les indices européens, plus solides, pourraient retourner vers leurs plus hauts annuels pour potentiellement y échouer par la suite. Et c'est justement ce qui s'est passé ces dernières semaines.

Et c’est ce paradoxe sur lequel nous avons réalisé une interview complète pour Capital.fr le 7 mai dernier « Le CAC40 prend enfin sa revanche sur Wall Street) et ça devrait vous inquiéter ». Ne manquez pas cette explication sur la surperformance passagère du CAC40 en grande partie due au comportement de l’euro. Il nous paraissait capital d’insister sur les risques de faux signaux haussiers (cassure des plus hauts annuels) donnés par le CAC40, comme à de nombreuses reprises par le passé, et alors que l’on entend parler de records boursiers au journal télévisé. C’est également dans cet article que nous utilisons le CAC40 Growth return (dividendes réinvestis) pour la première fois, afin que vous puissiez constater à quel point notre indice national est haut par rapport à ses records de 2000 et 2008 contrairement au CAC40 usité par mauvaise habitude, ce dernier donnant l’impression d’être à la traine et d’avoir un potentiel de « rattrapage » certain.

Nous vous invitons ensuite à voir notre émission hebdomadaire Binck Hebdo du 22 mai titrée « 5650 points, zone clé sur le CAC40 » Dans cette vidéo, nous vous expliquons en quoi ce qui va se passer dans la zone des 5650 points sera primordial pour les mois à venir. En effet, comme vous pouvez le constater sur le graphique ci-dessous, les 5650 points sont la dernière barrière de résistance à moyen terme avant les 5800 voire les 6000 points que certains opérateurs envisagent désormais. Or, si cette barrière tient et que des supports cèdent par la suite, la probabilité d’un top de moyen terme augmenterait significativement.

Graphique hebdomadaire du CAC40 depuis mai 2015

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Graphique du CAC40
Source : ProRealTime au 27/06/18

Alors que la période estivale va débuter, notre mot d’ordre est « prudence ». L’été est parfois empreint de volatilité et des accidents peuvent vite arriver. En données hebdomadaires, nous pouvons constater que l’indice français se comprime dans une structure en biseau ascendant avec deux obliques qui convergent. En cas de tenue de la borne basse, un retour vers les plus haut n’aurait rien d’illégitime. A l’inverse, en cas de cassure de la borne basse à 5200, les risques baissiers augmenteraient significativement avec les 5050 points potentiellement à la clé et un risque de dérapage incontrôlé si ce support long terme cédait.

En conclusion, prenez le temps de bien lire et comprendre l’environnement des marchés actuels à court, moyen et long terme grâce aux différents contenus mis à votre disposition. Au titre des bonnes pratiques que nous pouvons vous rappeler pour vos investissements boursiers, particulièrement avant l’été, n’oubliez pas qu’il faut généralement savoir prendre vos bénéfices sur les titres qui ont fortement montés ces derniers mois, mettre en place des stops de protection sur les positions restantes et conserver une poche de cash afin de profiter d’éventuelles opportunités.

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Avertissement

© Photo Philippe Dureuil

Article achevé de rédiger le 27 juin 2018.

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