Que vont faire les bourses européennes au second semestre ?

Franck Pauly

Une dynamique favorable liée à une progression des bénéfices par action attendue pour 2017 en Zone euro...

7 SEPTEMBRE 2017
Par Franck Pauly,  Journaliste indépendant - Fondateur de FAP Conseil

Le premier semestre boursier a été positif, avec un gain d'environ 10 % pour les actions mondiales en devises locales, alors que le CAC 40 a gagné 5,31 %. Pour la deuxième partie de l'année, les grandes incertitudes politiques liées aux élections sont levées en Europe, qui a retrouvé la croissance. Cet environnement devrait bénéficier aux actions européennes qui accusent toujours un retard par rapport aux valeurs américaines, proches de leurs plus hauts. Car les résultats des entreprises ont progressé à un niveau record au premier semestre, tandis que l'environnement économique est dégagé avec une accélération de la croissance (+1,9 % attendu en 2017 pour la zone euro par la BCE et le FMI) et une inflation contenue.

Un nouvel "alignement des planètes"

Un nouvel "alignement des planètes" favorable s'est en effet mis en place. Il repose sur une dynamique favorable liée à une progression des bénéfices par action attendue pour 2017 en Zone euro - ce qui n'avait pas été observée depuis 2010 - de l'ordre de 14%, avec un momentum de révision supérieur à celui constaté aux Etats-Unis. Par ailleurs, les valorisations restent modérées et attrayantes, tant en termes historiques que comparées aux autres marchés internationaux ou classes d'actifs, particulièrement obligataires, avec un PE forward à 12 mois d'environ 15 fois pour la Zone euro contre 18 pour le S&P 500. Enfin, la rotation tant attendue de la part des investisseurs institutionnels entre obligations et actions pourrait finalement avoir lieu. Les investisseurs internationaux, notamment américains, sont en effet restés à l'écart de l'Europe depuis au moins 3 ans, plus de 100 milliards de dollars ayant été désinvestis des fonds actions européennes en 2016..

Des politiques monétaires toujours accommodantes

La récente baisse des cours du pétrole explique en partie la situation de marché actuelle, même si cela pénalise le secteur de l'énergie. Du coup, la Fed américaine et la Banque d'Angleterre pourraient, compte tenu des révisions à la baisse des prévisions d'inflation, ralentir le durcissement de leur politique monétaire. Tandis que la BCE pourrait poursuivre plus longtemps que prévu, voire accentuer, sa politique de relance. Dans ce scénario, les actifs risqués européens devraient conserver un beau parcours - avec une hausse attendue de 5 à 10 % au second semestre suivant les sociétés de gestion -, si la croissance se poursuit et si l'inflation reste faible.

Dans ce contexte, quels secteurs retenir ? Les entreprises sensibles à la croissance en Europe devraient être aux premières loges. Les valeurs cycliques liées à l'investissement, notamment les valeurs technologiques, sont aussi souvent mentionnées par les analystes. Malgré leur hausse au premier semestre, les petites et moyennes capitalisations devraient encore profiter d'un environnement favorable. Enfin, le thème des fusions-acquisitions devrait rester porteur.

Mais des risques à surveiller

Quels sont les risques ? Un dérapage des banques centrales au Etats-Unis ou en Europe, une nouvelle crise de l'euro ou bancaire dans un pays périphérique (Grèce, Italie, Espagne), une crise géopolitique, ou une poursuite de la baisse du pétrole ou d'autres matières premières ... sont autant d'aléas envisageables à ne pas négliger. Une nouvelle sévère fragilisation de Donald Trump, au niveau domestique comme international, pourrait peser sur les actions américaines ; mais également européennes, qui pour le coup perdraient du terrain au second semestre.

Autre thème à méditer : les investisseurs font-ils preuve d'un excès d'optimisme ? La progression des actions et les faibles niveaux de volatilité soulèvent la question d'un éventuel excès de confiance des investisseurs.