Parrot : Une recovery* en devenir ?

Nicolas Chéron

Parrot : Une recovery* en devenir ?

6 JUILLET 2018
Par Nicolas Chéron,  Responsable de la Recherche Marchés pour Binck.fr

Parrot est une société française fondée en 1994 par Henri Seydoux, spécialisée dans les produits sans fil de haute technologie à destination du grand public. Pendant des années, Parrot a été à la pointe des objets connectés avec notamment la gamme la plus étendue du marché des systèmes de communication mains-libres pour la voiture et des objectifs connectés dans le domaine du son. En 2014, Parrot s’est lancé sur le marché ultra-concurrentiel des drones, ce qui a propulsé le cours de son action à plus de 30 euros en 2015, mais l’euphorie fut de courte durée. Les ventes de drones ont rapidement déçu, le chiffre d’affaires a connu une baisse progressive et les comptes de la société ont plongé dans le rouge. De fait, après deux années de lourdes difficultés, la direction de Parrot a mis en place une stratégie pour 2017 afin de poursuivre ses investissements les plus prometteurs et de réduire sa consommation de trésorerie. L’année 2017 a été semée d’embuches puisque les pertes trimestrielles se sont enchaînées. Mais la direction a maintenu le cap d’une diminution de ses pertes opérationnelles, ce qu’elle a réussi par la suite.

En mars 2018, Parrot a bel et bien publié une réduction de ses pertes pour 2017, passant de 137.9 millions à 38.2 millions d’euros. Le chiffre d’affaires annuel s’est stabilisé en baisse de 9% à 151.9 millions d’euros et la croissance globale de 5% dans les drones a contrebalancé la chute de 39% des produits grand public (objets connectés et kits mains libre). Néanmoins, la direction s’est voulue prudente en annonçant que le redimensionnement du portefeuille produit autour d’une gamme réduite de drones pèserait sur le chiffre d’affaires du groupe, et l’action a une nouvelle fois été sanctionnée passant en quelques séances de 7 à 5€. Le 28 mai 2018, Parrot a publié ses résultats du premier trimestre, soit une perte de 18.9 millions d’euros et une baisse de 23% de son chiffre d’affaires. Invest Securities a alors revu sa copie à la baisse, des investisseurs usés sont sortis du dossier par frustration et un point bas a été marqué à 4.5€ le jeudi 31 mai 2018.

Cependant, depuis le 1er juin, la donne semble avoir changé. Un excès de pessimisme semble faire place à des spéculations haussières, les volumes acheteurs sont de retour et de bonnes nouvelles font enfin leur apparition. Le 6 juin, Parrot a dévoilé son drone de nouvelle génération : ANAFI est le premier drone en 4K HDR et il est un des plus légers de sa catégorie. Il vole jusqu'à 55 km/h et à 4 km de distance sans compromettre le temps de vol et les fonctionnalités. Le 12 juin, lors de son Assemblée Générale, le numéro 2 mondial des drones grand public a dévoilé un programme de rachat d’actions à hauteur de 10% du capital, sur une période de 18 mois. En d’autres termes, le pire pourrait être derrière nous et c’est justement ce scénario positif qu’anticipent certains opérateurs, engendrant ainsi une hausse de l’action de 40% en seulement 13 séances (entre le 1er et le 19 juin). Voyons ce que cela donne graphiquement.

Graphique journalier de Parrot depuis octobre 2017

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Graphique de l’action Parrot
Source : ProRealTime au 21/06/18

Enfermé dans un canal depuis près d’un an, le titre Parrot a enfin réussi à s’extraire de sa dynamique baissière le 12 juin dernier. En données journalières, une impulsion haussière soutenue par des volumes en forte augmentation a permis aux acheteurs de reprendre la main et de faire naître une tendance haussière de court terme pour la première fois depuis des mois. Toutefois, il ne faut pas pour autant crier victoire trop tôt, la tendance baissière de moyen terme s’estompe au profit d’une certaine neutralité et période de latéralisation entre 5 et 7 euros pourrait prendre forme. C’est d’ailleurs la sortie de cette large zone de range qui sera décisive pour la suite. En cas de retour sous les 5 euros, les espoirs haussiers s’amenuiseraient, les spéculations se seraient évaporées et les plus bas pourraient être revus. A l’inverse, au-dessus des 7 euros, le scénario d’un retournement long terme prendrait tout son sens et Parrot pourrait potentiellement de nouveau ravir ses investisseurs.

En conclusion, la société Parrot devra transformer l’essai, stabiliser ses ventes et retrouver le chemin de la rentabilité pour qu’une véritable recovery* prenne forme. Il est trop tôt pour se prononcer sur la suite mais les résultats du second trimestre publiés le 2 août devraient être un catalyseur de taille. Le rendez-vous est pris.

* Une situation de recovery est un retour aux bénéfices pour une entreprise déficitaire pendant une longue période.

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Avertissement

© Photo Philippe Dureuil

Article achevé de rédiger le 21 juin 2018.

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