Les parapétrolières sous pression

Nicolas Chéron

Les parapétrolières sous pression

1er MARS 2018
Par Nicolas Chéron,  Responsable de la Recherche Marchés pour Binck.fr

Affectionnées des investisseurs particuliers pour leur volatilité, les parapétrolières connaissent un début d’année difficile. Vallourec, le spécialiste des tubes sans soudures perd 14% (au 28 février) tandis que CGG qui figure parmi les 1ers fournisseurs mondiaux de services géophysiques perd plus de 20%. Ces actions, très corrélées aux cours du pétrole lors de la chute du baril en 2015 et 2016, ne le sont plus aujourd’hui en raison de leurs difficultés financières et de leurs pertes abyssales. Faisons le point sur les dernières actualités de ces titres mais surtout sur leurs configurations techniques, ce qui pourrait nous aider à déceler des supports de support long terme et des seuils de retournement potentiels.

Affectionnées des investisseurs particuliers pour leur volatilité, les parapétrolières connaissent un début d’année difficile. Vallourec, le spécialiste des tubes sans soudures perd 14% (au 28 février) tandis que CGG qui figure parmi les 1ers fournisseurs mondiaux de services géophysiques perd plus de 20%. Ces actions, très corrélées aux cours du pétrole lors de la chute du baril en 2015 et 2016, ne le sont plus aujourd’hui en raison de leurs difficultés financières et de leurs pertes abyssales. Faisons le point sur les dernières actualités de ces titres mais surtout sur leurs configurations techniques, ce qui pourrait nous aider à déceler des supports de support long terme et des seuils de retournement potentiels.

Vallourec : publication de résultats décevants

Le 21 février dernier, Vallourec a publié ses résultats pour l’année 2017. La société de services pétroliers a enregistré une perte nette de 537 millions d’euros à comparer à une perte de 758 millions en 2016. Le chiffre d’affaires quant à lui est ressorti en hausse de 26.5% à 3,75 milliards d’euros. La société, qui a réalisé un programme de réductions de coûts mis en œuvre en 2016 et 2017, se veut confiante sur ses objectifs 2020 mais a malheureusement laissé les investisseurs dans l’incertitude à court terme en ne communiquant pas de prévisions chiffrées pour 2018. Le Président du Directoire, Philippe Crouzet a déclaré « il y a une certaine volatilité - pour ne pas dire fragilité - et en tout cas imprévisibilité, ce qui nous amène à une certaine prudence ». Il n’en fallait pas plus aux investisseurs pour rester à l’écart, raison pour laquelle le titre a perdu 11.62% le jour des résultats. 

Néanmoins, certains cabinets d’étude considèrent cette sanction comme excessive, à l’image d’Oddo BHF. Ce dernier juge la réaction des marchés à la publication des résultats annuels comme non justifiée alors que l’amélioration des résultats et de l’Ebitda a été confirmée. Selon ses analystes, le titre devrait s’apprécier dans une logique de moyen/long terme, mais le premier semestre devra être supérieur au premier semestre 2017. Un repli dans les mois à venir pour mieux rebondir par la suite n’est donc pas à exclure. 

VK-Hebdo
Graphique hebdomadaire de Vallourec depuis juillet 2015
Source :ProRealTime au 28/02/2018

Graphiquement, en données hebdomadaires, force est de constater que Vallourec est baissière depuis son échec sous les 6 euros. Le titre est de retour en zone de soutien à 4.3 euros à proximité d’un support oblique qui passe par les plus bas depuis 18 mois. Une réaction sur ce seuil serait positive, certes, mais les plus prudents aimeraient constater un réel regain d’intérêt, confirmé par une cassure de résistance. En effet, il est parfois préférable de manquer les prémisses d’un rebond et de ne s’intéresser à une action que lorsqu’elle confirme sa reprise et non sur un simple frétillement. 

Aussi, dans cette périodicité, nous accordons de l’importance au seuil psychologique des 5 euros, pivot à de nombreuses reprises depuis février 2017. En cas de cassure de cette résistance, les acheteurs prendraient potentiellement la main à court terme et le retournement envisagé par Oddo BHF entre autres serait confirmé. A contrario, entre 4 et 5 euros, la neutralité prévaut car un accident baissier n’est pas inconcevable. En effet, si les indices ou le pétrole devaient dévisser dans les semaines à venir, Vallourec pourrait se faire peur. 

 

CGG : une situation difficile en 2017

C’est une toute autre histoire pour CGG. Plan de sauvetage, changement de directeur général, augmentations de capital, plan de restructuration financière ; la société est passée à deux doigts de la faillite en 2017. Sortie de l’ornière à court terme, CGG a pour objectif de renforcer son bilan et sa flexibilité financière pour continuer à investir dans l’avenir. Son directeur général Jean-Georges Malcor a déclaré récemment : « CGG bénéficie désormais d'une situation de bilan assainie avec un niveau de dette financière brute ramené à environ 1,2 milliard de dollars et un ratio dette financière nette/EBITDAs 2017 estimé à moins de deux fois ». 

Toutefois, les actionnaires ont payé le prix cher. La dette a été convertie en actions nouvelles et la dilution des actionnaires existants a été dantesque, ce qui explique la baisse récente du titre, à proximité de ses plus bas historiques. L’émission et la distribution de nouvelles actions a engendré une pression vendeuse forte dont nous attendrons qu’elle s’estompe, avant de parler de rebond potentiel. En effet, nombreux sont les particuliers qui se sont placés à l’achat sur ce titre dans la descente ces dernières semaines, sans signal d’achat, et qui souffrent en silence. 

 

CGG-4-heures
Graphique 4 heures de CGG depuis le 18 janvier  
Source : ProRealTime au 28/02/2018

Voici un graphique 4H sur les 6 dernières semaines afin de cadrer la tendance baissière toujours en place : jamais le titre n’a réussi à faire un plus haut plus haut que le précédent sur plusieurs séances. Même si de belles réactions haussières ont eu lieu après des trous d’air, le courant vendeur a toujours repris le dessus renvoyant les cours vers de nouveaux plus bas. Point positif, les volumes sont en augmentation, ce qui signifie que de nouveaux entrants tentent l’aventure. Autre point positif, nous pouvons déceler la formation d’un biseau descendant, figure de retournement haussier par excellence, qui demande confirmation. Autrement dit, voyons si les acheteurs arrivent ou non à prendre la main en cassant des résistances. A la hausse, il faudra dépasser le seuil psychologique des 1.50 euro pour sortir du biseau descendant, ce qui serait un premier bon point. Par la suite, afin de valider un retournement, il faudrait absolument reprendre les plus hauts des derniers jours puis attaquer la zone de gap laissée ouverte vers 1.70 euro. Alors, nous pourrions envisager qu’un point bas ait été marqué et constater que les opérateurs s’intéressent à nouveau à ce dossier. A contrario, ne nous y trompons pas, la baisse pourrait continuer en direction des 1.30 euro, voire, si accident, du seuil psychologique des 1 euro, car rien n’est impossible en bourse.

En conclusion, il conviendra de rester prudent sur les parapétrolières qui sont ancrées dans des tendances baissières. Ces dossiers sont complexes, les sociétés perdent de l’argent et l’avenir est fait d’incertitudes. Ces dossiers seront à suivre de près en cas de retournement avéré, comme expliqué. Mais en l’absence de signaux, attention aux coupures lorsque l’on essaie d’attraper un couteau qui tombe…

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Avertissement

© Photo Philippe Dureuil

Article achevé de rédiger le 28 février 2018.

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