Les français préfèrent les placements garantis, sans oublier les actions

Franck Pauly

Les français préfèrent les placements garantis, sans oublier les actions

3 OCTOBRE 2018
Par Franck Pauly,  Journaliste indépendant - Fondateur de FAP Conseil

On a coutume de décrire les français comme frileux en matière de placements : ils préféreraient les placements sécurisés, comme le fonds en euros des contrats d'assurance vie et les livrets ainsi que l'immobilier, plutôt que la bourse, qui pourtant rapporte le plus sur le long terme. C'est largement vrai… mais pas tout à fait exact : portrait-robot de l'épargnant français.

Une préférence pour la sécurité

Une part majoritaire de l’épargne des Français est concentrée sur les placements sans risque, liquides, mais à faible rendement, selon le premier Baromètre de l’Autorité des Marchés Financiers publié début 2018. Parmi les motifs de cette préférence pour des placements peu ou pas risqués, qui expliquent largement la baisse de l’actionnariat individuel, figurent la crise financière de 2007-2008 et la prudence accrue, voire la défiance, des épargnants.

Ce Baromètre confirme assez largement la préférence pour les placements garantis. En effet, 52% des personnes interrogées refusent tout risque sur leurs placements, en dépit d’une faible rémunération et 64% estiment avoir « peu » ou « pas du tout » confiance dans la Bourse. Les biens immobiliers (note de 6,5/10), les fonds euros et l'épargne salariale (6/10) obtiennent les meilleures notes d'image à long terme quand les placements financiers n'obtiennent "que " (5,1/10).

Une forte baisse de l'actionnariat particulier en 10 ans

Au début des années 1980, la France ne comptait que 1,7 million d'actionnaires individuels mais les vagues de privatisations d'entreprises souvent emblématiques (comme Société Générale, Saint-Gobain, Paribas, Elf Aquitaine, Total, Pechiney, Renault, Air France, Aerospatiale) dès 1986 et jusqu'à la fin des années 90 ont largement contribué à augmenter ce nombre pour atteindre un plus haut de 7,2 millions en 2007. Il s’est maintenu à plus de 6 millions jusqu’en 2009, grâce notamment au succès du plan d’épargne en actions (PEA) lancé en 1992 et à la bonne performance du marché des actions : entre janvier 1992 et septembre 2000, les investisseurs ayant misé sur la Bourse ont obtenu, en moyenne, un très confortable rendement annuel de 15,8 %, en dehors même des dividendes. Mais aujourd'hui, on ne compte qu'un peu plus de 3,5 millions d'actionnaires individuels. La crise financière de 2008/2009 est passée par là …

Mais un regain d’intérêt pour les actions... avec de nouvelles privatisations en vue

Pourtant, pour la première fois en une décennie, une enquête (l'étude Kantar TNS de mars 2017) constatait un rebond du taux de détention des actions, à 8,7% de la population contre 7,6% en 2016. Et certains résultats du dernier Baromètre de l'AMF semblent aller dans le même sens, indiquant qu’un retour des épargnants vers les marchés actions est possible.

Car, selon cette étude, 48% des Français jugent les placements en actions comme les supports les plus intéressants sur le long-terme et 56% pensent qu’il s’agit d’une « bonne idée » pour diversifier ses placements. Enfin 1/3 des particuliers expriment un intérêt pour la Bourse, une proportion identique à la part des Français qui accepterait une certaine prise de risque dans la perspective de meilleurs rendements.

Enfin et surtout, la loi Pacte prévoit de nouvelles privatisations d'ADP, FDJ et Engie, qui devraient relancer la machine de l'accès à la bourse pour les particuliers dans des conditions attrayantes.

Toutes les études le confirment cependant, une pédagogie de la finance et de la bourse est nécessaire en France - par opposition aux pays anglo-saxons par exemple -, avec une communication axée sur la valorisation de l'investissement actions pour convaincre davantage de particuliers. Car ces épargnants ont tout de même le sentiment de « plutôt » être à l’aise pour discuter avec un conseiller de leur banque pour 73% selon l'AMF, 55% lire un document d’information sur un placement financier, 52% juger de l’opportunité ou non de suivre les conseils en matière de placement et 47% évaluer le niveau de risque des placements. Pourtant seulement 22% déclarent rechercher de l'information sur les produits d'épargne et les placements financiers.

Avertissement

Article achevé de rédiger le 5 septembre 2018.

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