Faut-il avoir peur de l’inflation ?

Franck Pauly

Faut-il avoir peur de l’inflation ?

16 AVRIL 2018
Par Franck Pauly,  Journaliste indépendant - Fondateur de FAP Conseil

C'est l'annonce d'une hausse des salaires américains de janvier, plus forte que prévue, qui a ravivé des craintes d'accélération de l'inflation (et donc du rythme de hausse des taux d’intérêt de la Fed) et a déclenché la vive correction boursière du début février. Où en sommes-nous aujourd'hui ? Faut-il avoir peur du retour de l’inflation ?

Les faits : une légère accélération de la hausse des prix

La hausse des prix a certes un peu accéléré récemment. Sur un an, les prix à la consommation ont augmenté en mars en France de 1% après une stabilité en février, selon les dernières statistiques de l’Insee. Cette hausse provient d’un rebond des prix des produits manufacturés après la fin des soldes d’hiver (+2,1 % après −0,3 %) et de ceux des produits alimentaires (+0,4% après −0,1 %). Sur un an, l'indice des prix à la consommation harmonisé a aussi accéléré à +1,6 % en mars, après +1,2 % en février et +1,3 % le mois précédent.

En zone euro, l’inflation « core » (hors alimentation et énergie) est passée de 0,7% fin 2016 à 1,1% actuellement. Mais dans ses dernières prévisions, la BCE table toujours sur une hausse de l’inflation « core » de 1,1% cette année, après 1% en 2017.

Donc rien de très alarmant pour le moment : une accélération de l’inflation progressive, qui ne devrait pas remettre en cause le scénario de normalisation de la politique de la Banque Centrale Européenne. Mais des statistiques qui restent à surveiller.

Les effets : la croissance et la hausse des profits vont continuer de soutenir les actions

Car le contexte quasi idéal de l'an dernier reste largement présent avec une croissance économique supérieure à la tendance et synchronisée à l'échelle mondiale s'accompagnant d'une inflation faible, même si elle est en progression.

« Les craintes d'un retour de l'inflation et les anticipations d'un changement radical de comportement de la part des banques centrales ont jeté un froid sur les marchés. En dépit des turbulences passées et à venir, l'environnement reste clairement favorable aux actifs risqués, plus particulièrement aux actions européennes, » estiment les analystes d'Edmond de Rothschild AM dans une étude récente. Ils recommandent, pour limiter les risques, de s'intéresser aux entreprises aux fondamentaux sains, offrant une bonne visibilité et un potentiel d'appréciation ainsi que les sociétés en restructuration.

Plus globalement, les valeurs cycliques, sensibles à l'environnement économique, comme les biens d'équipement, le bâtiment, l'automobile, la distribution et les matériaux par exemple, pâtissent d’ordinaire d’une hausse de l'inflation.

En revanche, les secteurs défensifs, offrant quelquefois de forts dividendes dans le cas des utilities – comme les télécoms, l'immobilier, l'agroalimentaire, la santé, le pétrole et le gaz – sont d'habitude moins sensibles à une hausse générale des prix, car cela représente une consommation de base incompressible.

Des cours du pétrole à surveiller

Il faudra toutefois également surveiller les matières premières et en particulier le pétrole, qui ont un impact direct sur l’évolution des prix. Alors que le Brent naviguait sous les 70 dollars le baril depuis la fin janvier, il vient de faire un retour remarqué au-dessus de ce seuil. « Tout porte donc à croire que les banques centrales seront à l’avenir attentives à l’évolution des cours du pétrole, » estime David Ganozzi, gérant d’allocation chez Fidelity dans une récente analyse.

Avertissement

Article achevé de rédiger le 16 avril 2018.

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