CAC40 : Plus de peur que de mal?

Nicolas Chéron

CAC 40 : Plus de peur que de mal?

26 AVRIL 2018
Par Nicolas Chéron,  Responsable de la Recherche Marchés pour Binck.fr

La surperformance du CAC40 bat son plein. Alors que les indices américains ont perdu pied mardi 24 avril (-1.34% pour le S&P500 et jusqu’à -2.1% pour le Nasdaq), l’indice français s’offre le luxe de tenir les 5400 points encore au matin du 25 avril, soutenu par les bonnes publications de Kering et STP Microelectronics. Surperformance passagère ou signe que les indices ne sont pas prêts à corriger pour le moment ? Nous penchons pour l’instant pour la seconde option.

Deux facteurs sont venus troubler la bonne tenue des indices américains le 24 avril. Premièrement, le 10 ans américain a dépassé le seuil psychologique des 3% de rendement. Avec la récente hausse du pétrole WTI à proximité des 70 dollars, les pressions inflationnistes battent de nouveau leur plein et les opérateurs craignent désormais une accélération du rythme du cycle de hausse de taux de la Fed. A ce sujet, nous pensons qu’il s’agit d’un phénomène purement « technique » de déstabilisation à court terme. En effet, les investisseurs savent déjà que la bonne tenue de l’économie américaine devrait permettre à la Fed de remonter les taux 3 à 4 fois cette année, cela n’a rien de nouveau.

Second trouble-fête, le recul de 4.45% de la maison mère de Google, Alphabet. Le géant a annoncé le 24 avril un recul de sa marge d’exploitation au premier trimestre à 22% contre 27% un an auparavant, ce qui a complètement éclipsé le chiffre d’affaires et un bénéfice meilleurs que prévu. Là encore, nous pensons qu’il s’agit d’un mouvement de prises de profits appuyées sur le compartiment technologique et non forcément le départ d’une vague baissière sur les GAFAM (Apple, Alphabet, Amazon, Facebook et Microsoft). D’autres géants vont publier leurs résultats dans les prochains jours, ce qui va nous permettre de jauger l’appétit pour le risque des investisseurs pour ces dossiers. Il est encore trop tôt pour se prononcer. Autrement dit, une secousse passagère a eu lieu aux USA laissant presque de marbre l’indice français, mais peut-être que ce dernier n’a pas dit son dernier mot.

Force est de constater que le CAC40 profite actuellement de sa composition. Contrairement au DAX, il est surpondéré de bancaires en pleine forme ces dernières semaines, celles-ci profitant de la remontée graduelle des taux d’intérêts. Les valeurs pétrolières tirent également l’indice à la hausse : Technip et Total gagnent respectivement 14 et 12% sur le mois d’avril (au 24 avril 2018). Enfin, cerise sur le gâteau, le CAC40 profite de ses valeurs du luxe avec les explosions de 17 et 21% de LVMH et Kering ce mois-ci (au 24 avril 2018). Autrement dit, le CAC40 est plus solide que l’Eurostoxx et le Dax, il conviendra donc aux vendeurs d’être plus prudents sur cet indice. En cas de baisse, il est celui qui recule le moins. Et en cas de redémarrage haussier, il est souvent le plus réactif et le plus violent à la hausse, du moins ces dernières semaines.

Graphique journalier du CAC 40 depuis décembre 2017

PXI-Journalier

Graphique du CAC40
Source : ProRealTime au 25/04/2018

Graphiquement, l’indice français évolue depuis près d’un an dans un range de moyen terme compris entre 5050 et 5550 points. Nous ne parlons donc pas ici de tendance forte mais plutôt d’une large bande de neutralité dans laquelle l’indice navigue au gré de l’appétit pour le risque des investisseurs. Plus les cours approchent de la borne basse et plus les velléités acheteuses se font pressantes et inversement. A court terme, une résistance, mise en exergue dans nos récentes publications comme un pivot d’importance, a été atteinte à 5440 points. Tant que ce seuil bloquera les cours, il conviendra d’être prudent ; les acheteurs semblent avoir besoin d’une pause après 400 points de hausse en quasi ligne droite. 

A la baisse, la zone de soutien à court terme se situe entre 5390 et 5400 points. Nous y retrouvons la moyenne mobile courte à 7 périodes, à 5404 points ; le seuil psychologique des 5400 points et les plus bas de la semaine à 5390 points. Seule une cassure de cette zone engendrerait plus de dégagements, possiblement en direction des 5350/5360, ancienne résistance devenue théoriquement support. A la hausse, scénario à ne pas négliger puisque nous sommes en tendance haussière, une cassure des 5440 points pourrait engendrer une nouvelle jambe en direction des 5500 points voire des plus hauts annuels à 5550 points.

En conclusion, les indices européens corrigent en ce matin du 25 avril, mais le CAC40 démontre une nouvelle fois sa bonne tenue. Les récentes actualités considérées comme négatives pourraient très bien faire place à d’agréables surprises, notamment concernant les publications de grands groupes américains. Il convient donc de constater si oui ou non les supports évoqués vont casser ou non avant de céder au pessimisme ambiant. Le pire pourrait encore une fois ne pas être certain.

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Avertissement

© Photo Philippe Dureuil

Article achevé de rédiger le 25 avril 2018.

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