Portrait robot de l'épargnant français

Article achevé de rédiger le 5 mars 2019

Écrit par Franck Pauly | 5 minutes
MER. 03-04-2019

L’épargne des Français est abondante. A 13,60 % du revenu disponible brut, elle est l’une des plus élevées en Europe... mais leurs placements financiers sont très prudents. Voici, résumé en quelques mots, le portrait-robot des épargnants français, selon les statistiques de la Banque de France et de l’INSEE ou les enquêtes de l’Autorité des Marchés Financiers(« AMF »), le gendarme des marchés financiers français.

L’épargne française se caractérise avant tout par une grande prudence, avec une préférence pour la pierre. L’immobilier représente en effet la majeure partie, soit 55 % des 12 000 milliards d’euros de patrimoine brut des Français, selon une étude de l'Institut de l'Epargne Immobilière et Foncière publiée en février. Alors que le patrimoine financier ne s’élève qu’à 4 765 milliards d’euros. Mais là aussi, la prudence domine : l’assurance vie, qui reste le premier placement des Français, et les dépôts bancaires – dont plus de 700 milliards vont vers l’épargne réglementée comme le livret A – représentent respectivement 39% (dont 32% pour le seul support en euros) et 30 % des placements en termes d’encours. Dans le même temps, les actions ne représentent que 22 % des placements des Français.

Le risque et les perspectives de rémunération mises en avant

Quels sont les critères de choix des épargnants ? Le risque, les perspectives de rémunération et la disponibilité de l’argent placé sont les trois critères clés, selon la Lettre de l'Observatoire de l'épargne de l'AMF qui vient d’être publiée en février. Ainsi, 52 % des personnes interrogées ont placé le niveau de risque dans les 3 principaux critères de choix ; 46 % ont cité le rendement attendu et 35 % la disponibilité. Le niveau des frais est cité en 4e position (30 %). Mais la durée conseillée du placement est un critère relativement peu cité (16 % des répondants).

« Comme on pouvait s’y attendre, les moins de 35 ans sont moins sensibles au niveau de risque que les plus âgés (42 % contre 55 % des plus de 55 ans). Ils sont également moins sensibles à la disponibilité des fonds (24 % contre 42 %). En revanche, ils citent plus souvent l’ « éthique » : 18 % d’entre eux la mentionnent comme critère de choix important, contre 5 % des 55 ans et plus.

Une nuance intéressante : les détenteurs de patrimoines financiers élevés sont plus sensibles aux frais. Les personnes financièrement aisées (celles dont le patrimoine financier est supérieur à 50 000 euros) considèrent que les critères de choix les plus importants sont le niveau de risque (57 %), le rendement attendu (55 %) et les frais (39 %, contre 30 % pour le reste de la population). »

Un regain d’intérêt pour les actions

Un point positif pour la bourse : l’AMF constatait dans sa 2nde édition du Baromètre de l’épargne et de l‘investissement publié en décembre 2018, une remontée du taux de détention des actions en direct, qui est passé de 6,2 % en 2017 à 7,5 % en 2018. Et la confiance des particuliers dans les placements en actions a progressé de 22 % à 27 % en un an. De même que les intentions de souscription. Fin 2018, 22 % des personnes interrogées répondaient pouvoir envisager un tel investissement, contre 18 % en 2017.

Mais attention, ce regain d’« appétit » pour les actions n’est pas partagé par tous les épargnants. La majorité d’entre eux demeure averse à toute incertitude et pour eux, les actions restent synonymes de complexité et de risque élevé. Cela dit, les actifs ont plus d’attrait pour les épargnants les plus aisés, qui sont confiants dans l’évolution de leur situation financière et qui s‘estiment à l’aise avec les placements financiers.

À côté de ces « experts aisés », une autre catégorie, moins attendue, a nettement accru son intérêt pour la bourse depuis un an, selon la Lettre de l'Observatoire de l'AMF de décembre dernier : ce sont les jeunes de moins de 35 ans. Ils sont 29 % à envisager d’investir prochainement (contre 16 % chez les plus de 55 ans). Ce taux était de 19 % fin 2017.

Le point commun de ces épargnants : ils sont à la recherche d’informations sur les placements. Cet intérêt croissant pour la bourse et les placements de long terme en actions doit donc s’accompagner d’un plus grand effort de pédagogie.

Auteur

Franck Pauly

Franck Pauly, journaliste financier indépendant, est aujourd'hui gérant à FAP Conseil. Anciennement rédacteur en chef des pages « Vos Finances » à la Tribune de 2004 a 2011, et rédacteur en chef adjoint des pages « Bourse » de 1999 à 2004, il a préalablement été chef de rubrique banques au sein d'Investir pendant 5 ans et chef de rubrique bourse patrimoine et coordinateur d'enquêtes nationales au sein de Capital. Il a débuté sa carrière en tant que correspondant financier en langue anglaise à l'agence Reuters (bourse, résultats, macro-économie) à Paris, puis comme correspondant à New York pour AFP-EXTEL News.

Il est également professeur de journalisme économique à l'Université Aix-Marseille et enseigne pour le Master Information et Journalisme Économiques à Sciences Po Rennes.

Il est diplomé de l'IEP de Paris, de l'Université de Nice et de New York University.


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