Des investisseurs particuliers en danger

Article achevé de rédiger le 3 mai 2020

Écrit par Nicolas Chéron | 3 minutes
LUN. 04-05-2020

Entre 2018 et 2019, en excluant les entrants sur le dossier Française des Jeux, 750 000 investisseurs particuliers ont acheté des actions. Or, en seulement 6 semaines, entre le 24 février et le 3 avril 2020, 580 000 clients particuliers ont acheté des actions du SBF120 (source AMF). Parmi ces investisseurs, 150 000 « nouveaux » se sont placés parfois fleur au fusil, sans stops de protection ni objectifs, à l’achat sur le marché action, et pourraient être en danger.

Ces débutants pour la plupart, entrés majoritairement pendant la période de confinement, entre le 9 et le 27 mars, ont représenté 27% des particuliers acheteurs d’actions. En d’autres termes, alors que nous vivons une crise historique comme ont pu l’être celles de l’an 2000 et de 2008, nous connaissons un afflux historique d’investisseurs intéressés qui pourraient subir d’éventuels nouveaux accidents baissiers sur les marchés, ces derniers étant bien moins préparés à une volatilité extrême et à la chute violente de certains dossiers. Ces dernières semaines, nous n’avons jamais vu autant de nouveaux entrants et de débutants poser des questions, raison pour laquelle nous souhaitons une nouvelle fois insister sur la nécessité de se former, de prendre son temps, d’utiliser les bons outils et notamment d’avoir un plan lorsque l’on clique sur le bouton « achat » de sa plateforme.

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En quoi le danger est-il si important ?

Jamais les indices boursiers n’ont récompensé la majorité des investisseurs en montant après qu’un nombre historique de nouveaux soit entré. L’investisseur particulier est connu pour entrer tardivement, juste avant ou après un top de marché long terme, et pour sortir lorsque la crise bat son plein et que les prix des actions sont « bas ». Or, dans le cas présent, les cours des actions nous semblent encore « chers » et le potentiel correctif conséquent. De fait, nous préférons prévenir que guérir, les mois à venir devraient être houleux.

Graphiquement parlant, l’indice français est à la croisée des chemins. Ici en données hebdomadaires, nous pouvons constater qu’un rebond de 30% a eu lieu en quelques semaines, un rebond technique d’ampleur sous un ancien seuil support situé à 4670 points, devenu résistance une fois cassé. Le consensus des grandes banques américaines est haussier, les médias parlent de récession rapide, les banques centrales sont en soutien, mais il nous semble clairement prématuré de dire que le pire est derrière nous. Dans les semaines à venir les dégâts collatéraux de la crise du Covid-19 devraient se faire sentir et probablement peser sur les marchés actions.

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Source : ProRealTime au 30 avril 2020

Même constat sur les actions

Même constat sur des actions plébiscitées par les investisseurs français comme Total. Le titre de ce géant pétrolier a réalisé un rebond d’ampleur fin mars suivi d’une latéralisation des cours, mais il est loin d’être sorti de l’ornière. A moyen terme la dynamique des prix sera baissière tant que les plus hauts seront de plus en plus bas, ce qui est le cas actuellement. En cas de retour sous les moyennes mobiles courtes situées à 32.5 euros, les cours pourraient retrouver les plus bas récents à 29 euros voire aller en-dessous.

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Source : ProRealTime au 30 avril 2020

La fébrilité du rebond récent est également constatable sur les valeurs bancaires dont BNP Paribas est ici l’exemple. La dynamique des prix est fortement baissière à moyen terme, un rebond technique de court terme a eu lieu fin avril, mais les acheteurs n’ont toujours pas réussi à prendre la main pour autant. Graphiquement, au mieux, un range est en cours de formation, et après un échec des prix sur la borne haute de ce dernier, un retour vers les plus bas n’aurait rien d’inconcevable, prudence donc.

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Source : ProRealTime au 30 avril 2020

En conclusion, alors qu’un marché baissier dure en moyenne 14 mois, les banques centrales ont presque réussi à nous faire oublier les moyennes historiques et nos repères suite à la hausse récente des indices boursiers. Néanmoins, nous pensons qu’il est bien trop tôt pour crier victoire, qu’il faudra s’armer de patience dans les mois à venir et surtout agir avec doigté et prudence sur des marchés qui nous réservent certainement, encore des surprises.

Auteur

Nicolas Chéron

Nicolas Chéron est diplômé d'un Bachelor of Business Administration (BBA) en Marketing & Management International obtenu à l’EDHEC Business School. Il a commencé sa carrière en 2008 en rejoignant ZoneBourse en tant que Co-responsable de l'équipe recherche. En 2010, Nicolas Chéron intègre l'équipe de FXCM, où il occupe le poste de Stratégiste de marché avant de devenir Responsable du département recherche DailyFX. En avril 2015, il poursuit son travail chez CMC Markets France où il est en charge de l’analyse sur toutes les classes d’actifs.

Nicolas Chéron est également l’un des membres fondateurs des Econoclastes, un Think Tank au sein duquel il souhaite favoriser la vulgarisation et la démocratisation de différents concepts économiques et boursiers.

Depuis Septembre 2017, Nicolas Chéron est Responsable de la Recherche Marchés pour Binck.fr. Il a pour missions le développement d’émissions vidéo en direct sur l’actualité économique et boursière ainsi que la rédaction de points de marchés réguliers publiés sur le site Binck.fr.

© Photo Philippe Dureuil

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