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Les introductions boursières en perte de vitesse

Article achevé de rédiger le 24 octobre 2019

Écrit par Nicolas Chéron | 5 minutes
MER. 06-11-2019

Pour faire écho à notre récente note concernant l’introduction boursière de la française des jeux, voici un complément d’information ayant pour but de répondre à une question que vous avez été nombreux à nous poser : Quid du marché des introductions boursières ces derniers mois ?

Pour commencer, voyageons outre atlantique pour scruter le marché des introductions boursières aux USA avec l’IPO Index (IPO pour « Initial public offering » soit une introduction en bourse) qui regroupe les actions des plus importantes et des plus liquides des introductions boursières récentes. Cet ETF est réalisé par Renaissance Capital research, il permet de donner une vision d’ensemble du comportement des sociétés nouvellement introduites.

Comme vous pouvez le constater ci-dessous, l’IPO Index a tenté une échappée haussière pendant l’été, peut-être pourrions-nous même dire que les opérateurs sont devenus euphoriques puisque cet indice gagnait près de 50% depuis ses plus bas datant de Noël dernier, avant de corriger à la baisse. Ensuite, comme si l’euphorie avait fait place à la défiance, les vendeurs ont pris la main comme vous pouvez le constater sur le graphique ci-après.

Graph 1
Source : Optima, Septembre 2019

Une des raisons de la baisse récente des actions nouvellement introduites est la déconfiture du dossier WeWork. Soutenue par Softbank, WeWork était une des introductions boursières les plus attendues de l’année à Wall Street. De moins de 10 millions en 2012, la valorisation potentielle de cette entreprise américaine s’est littéralement envolée à 10 puis à 20 et enfin à 47 milliards de dollars au début de l’année 2019 comme vous pouvez le voir ci-dessous.

Puis, en l’espace de quelques semaines, les pertes de la société se sont envolées de plusieurs milliards, Adam Neumann le patron de l’entreprise a été remercié avec un chèque de 1,7 milliard pour quitter son entreprise, l’introduction boursière a été reportée (elle n’aura peut-être jamais lieu) et la valorisation a fondue de 47 milliards à moins de 10 milliards. Dernière actualité en date du mois d’octobre, Softbank va prendre le contrôle de la société pour 5 milliards de dollars supplémentaires aux sommes déjà investies, et 30% des effectifs vont être vraisemblablement supprimés. En bref, ce fiasco a mis en exergue l’euphorie qui entourait certains dossiers et a rappelé aux investisseurs l’importance d’être sélectif, ce qui s’est fait sentir sur les dossiers cotés.

Valorisation

Du côté français, c’est la déconfiture généralisée. Bilan des introductions Euronext depuis décembre 2016 :
• 5% sont positives (3/54)
• 59% sont en baisse de plus de 40% (32/54)
• 22% sont en baisse de plus de 80% (12/54)

En d’autres termes, sur le marché français, attention aux petites et moyennes valeurs qui sous-performent cette année mais attention également aux introductions boursières, même les plus médiatisées. La dernière en date fut Verallia, un spécialiste du verre. Après deux jours de cotation en hausse par rapport au prix d’introduction, les cours ont baissé de 9% dans les semaines qui ont suivi, les opérateurs ne semblent pas s’y presser. En conclusion, nous pouvons dire que le marché des introductions boursières en particulier en France est déprimé. De fait, prudence et sélectivité doivent être de rigueur pour l’investisseur intéressé par ce type de dossiers.

Auteur

Nicolas Chéron

Nicolas Chéron est diplômé d'un Bachelor of Business Administration (BBA) en Marketing & Management International obtenu à l’EDHEC Business School. Il a commencé sa carrière en 2008 en rejoignant ZoneBourse en tant que Co-responsable de l'équipe recherche. En 2010, Nicolas Chéron intègre l'équipe de FXCM, où il occupe le poste de Stratégiste de marché avant de devenir Responsable du département recherche DailyFX. En avril 2015, il poursuit son travail chez CMC Markets France où il est en charge de l’analyse sur toutes les classes d’actifs.

Nicolas Chéron est également l’un des membres fondateurs des Econoclastes, un Think Tank au sein duquel il souhaite favoriser la vulgarisation et la démocratisation de différents concepts économiques et boursiers.

Depuis Septembre 2017, Nicolas Chéron est Responsable de la Recherche Marchés pour Binck.fr. Il a pour missions le développement d’émissions vidéo en direct sur l’actualité économique et boursière ainsi que la rédaction de points de marchés réguliers publiés sur le site Binck.fr.

© Photo Philippe Dureuil