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Faut-il s'intéresser au marché chinois

Article achevé de rédiger le 17 décembre 2018

Écrit par Franck Pauly | 5 minutes
VEN. 15-02-2019

Donald Trump et Xi Jinping ont trouvé un accord pour ne pas appliquer de nouveaux droits de douane après le 1er janvier à l'occasion du sommet du G20 de Buenos Aires début décembre. Les Etats-Unis et la Chine se sont en effet engagés à ne pas imposer de nouveaux droits de douane et à trouver un accord sur le commerce d'ici à 90 jours. Une grosse incertitude qui pesait sur les marchés est ainsi atténuée… mais pas totalement écartée, car des risques de dérapages demeurent. Si la prudence reste de mise après les déceptions et les rebondissements des dernières semaines, la Chine a notamment annoncé qu'elle suspendra le 1er janvier, pour trois mois, les surtaxes douanières imposées aux voitures et pièces automobiles importées des États-Unis.

Ce n'est aujourd'hui qu'un début de processus de normalisation des relations commerciales avec la Chine, mais cela apporte un signal positif que les marchés ont apprécié. Alors que penser d'un marché chinois qui a beaucoup baissé, affaibli par ce bras de fer depuis des mois entre les Etats-Unis et la Chine ? Est-il temps de revenir sur les actions chinoises ? Quels sont les atouts de ce marché ?

Alors que les indices Shanghai Composite et CSI 300 ont plongé de 21 % environ depuis le début de l'année, le Hang Seng a perdu 13 %, quand le CAC n'abandonnait que 9 %. Ce qui laisse penser que le marché chinois n'est pas cher, avec un PER inférieur à 12 fois les bénéfices attendus en 2018, contre 13,5 fois pour le CAC et 15,6 fois pour le Dow Jones américain.

Car ce marché qui dispose de belles perspectives futures, ne représente aujourd'hui que 9 % de la capitalisation mondiale… mais déjà 25 % des volumes. A terme, la Chine sera un marché mondial incontournable pour JP Morgan à cause notamment de sa démographie galopante et de la croissance des besoins de sa très importante classe moyenne montante. Et constitue potentiellement à ce titre, une opportunité d'investissement à long terme.

A plus court terme, les réformes en cours du gouvernement visant un assouplissement de l'économie devraient porter leurs fruits. La Chine développera la demande intérieure en promouvant la consommation et l'investissement dans les grands projets, malgré un contexte de ralentissement de l'activité économique, a déclaré début décembre le Premier ministre Li Keqiang. La Chine doit préserver la continuité et la stabilité de la politique macro-économique, tout en prenant des mesures en temps opportun pour en améliorer l'efficacité et stabiliser les anticipations du marché, a-t-il ajouté.

Enfin et surtout, la croissance chinoise, - même un peu ralentie, - reste solide à environ 6,5 %. Et très enviable, face à 3,2 % pour le monde et 1,9 % pour la zone euro.

Auteur

Franck Pauly

Franck Pauly, journaliste financier indépendant, est aujourd'hui gérant à FAP Conseil. Anciennement rédacteur en chef des pages « Vos Finances » à la Tribune de 2004 a 2011, et rédacteur en chef adjoint des pages « Bourse » de 1999 à 2004, il a préalablement été chef de rubrique banques au sein d'Investir pendant 5 ans et chef de rubrique bourse patrimoine et coordinateur d'enquêtes nationales au sein de Capital. Il a débuté sa carrière en tant que correspondant financier en langue anglaise à l'agence Reuters (bourse, résultats, macro-économie) à Paris, puis comme correspondant à New York pour AFP-EXTEL News.

Il est également professeur de journalisme économique à l'Université Aix-Marseille et enseigne pour le Master Information et Journalisme Économiques à Sciences Po Rennes.

Il est diplomé de l'IEP de Paris, de l'Université de Nice et de New York University.