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Bourse : cinq risques à surveiller en 2019

Article achevé de rédiger le 4 janvier 2019

Écrit par Franck Pauly | 10 minutes
MAR. 12-02-2019

2018 a été une année décevante en Bourse marquée par des replis de presque toutes les classes d’actifs : le CAC a perdu 10,95 % après trois années de hausse, le Stoxx 600 13,2 % et le Dow Jones 5,6 %. Cette année risque à nouveau d’être compliquée, la plupart des analystes anticipant un millésime 2019 encore marqué par une forte volatilité, alors que la corrélation entre les différentes classes d’actifs pourrait rendre plus difficile la diversification des portefeuilles. Dans un tel contexte, quels seront les risques majeurs à surveiller cette année ? 

1 – Des valorisations élevées

En dépit d’un environnement économique porteur et d’une croissance attendue des bénéfices dans la plupart des zones géographiques, les marchés actions se sont fortement retournés à partir du mois d’octobre. Pour autant, les valorisations demeurent relativement élevées aux yeux de nombreux spécialistes.

« L’évolution des structures de marché est de nature à amplifier les conséquences d’un retournement. L’interconnexion croissante entre les marchés financiers au niveau global pourrait être une source de vulnérabilité pour le système financier français. Le CAC40 est principalement influencé par des chocs étrangers provenant d’économies avancées, mais se révèle résilient aux chocs en provenance des pays émergents,» notait la Banque de France dans une étude sur les risques publiée en décembre.

2 – Des taux d'intérêt à surveiller de près

La poursuite de la normalisation des politiques monétaires, qui va arriver à son terme aux États-Unis, alors que celle de la Banque Centrale s'enclenche, va compliquer la donne. La BCE a procédé à une réduction de ses rachats d'actifs mensuels, de 30 milliards d'euros à 15 milliards d'euros en octobre et confirmé en décembre l'arrêt de son programme de rachats massifs de dettes lancé en mars 2015. Elle devrait commencer à relever ses taux à partir de la mi-2019.

Les politiques monétaires ne peuvent indéfiniment alimenter les marchés en argent pas cher.... Mais la vraie question aujourd’hui est plutôt de savoir si l'inflation va repartir. Un autre facteur à surveiller.

3 - Des incertitudes géopolitiques toujours présentes

Trois risques géopolitiques continueront de dominer, freinant l’appétit des investisseurs pour les actifs risqués : la montée des tensions avec un risque de guerre commerciale sino-américaine ; l'évolution de l'Union européenne, en cas de Brexit sans accord et les incertitudes sur l’Italie avec des élections sur fond de montée des populismes ; enfin, la capacité de la Chine à garder sa place dans l'économie mondiale. « En Italie, le risque politique reste élevé, et l’éventualité d’une boucle de contagion entre risque bancaire et risque souverain s’est accentuée, » souligne la BDF.

4 – Des matières premières en baisse

Les cours de nombreuses matières premières marquent le pas, en particulier ceux du pétrole, qui n'arrivent pas à repartir de l'avant malgré des restrictions de l'offre des membres de l'OPEP. Notamment car la production de pétrole non-conventionnelle aux Etats-Unis continue d'augmenter.

C'est un facteur d’inquiétude pour beaucoup de pays producteurs. Et plus globalement un facteur déflationniste qu'il faut aussi garder à l'esprit.

5 – Des pays émergents qui ralentissent

La théorie du découplage (ralentissement de l’activité des économies développées et croissance dans les pays émergents) n'est plus de mise, même si les pays émergents gardent des avantages compétitifs.

Comme en 2018, la grande interrogation va encore concerner l'économie chinoise. « Désormais deuxième économie mondiale, constituant le tiers de la croissance mondiale, la Chine est devenue un acteur structurant sur tous les sujets mondiaux, du climat à l'économie, en passant par les innovations technologiques. Il y a donc un "intérêt général" mondial à ce que le ralentissement de la croissance chinoise soit organisé en douceur et que la stabilité du régime politique l'emporte à Pékin, » écrivait récemment Laurence Daziano, maître de conférences en économie à Sciences Po.

Une lueur d'espoir toutefois, selon Isabelle Mateos y Lago, Directrice Générale du BlackRock Investment Institute : « nous entrons dans une phase de ralentissement synchronisé de la croissance économique (sauf en Chine et au Japon) et des bénéfices des entreprises. Toutefois ce ralentissement est largement anticipé et les niveaux de croissance attendus restent solides, notamment aux Etats-Unis, où le risque de récession reste faible en 2019, avant de s’accroître matériellement à l’horizon 2021.»

Auteur

Franck Pauly

Franck Pauly, journaliste financier indépendant, est aujourd'hui gérant à FAP Conseil. Anciennement rédacteur en chef des pages « Vos Finances » à la Tribune de 2004 a 2011, et rédacteur en chef adjoint des pages « Bourse » de 1999 à 2004, il a préalablement été chef de rubrique banques au sein d'Investir pendant 5 ans et chef de rubrique bourse patrimoine et coordinateur d'enquêtes nationales au sein de Capital. Il a débuté sa carrière en tant que correspondant financier en langue anglaise à l'agence Reuters (bourse, résultats, macro-économie) à Paris, puis comme correspondant à New York pour AFP-EXTEL News.

Il est également professeur de journalisme économique à l'Université Aix-Marseille et enseigne pour le Master Information et Journalisme Économiques à Sciences Po Rennes.

Il est diplomé de l'IEP de Paris, de l'Université de Nice et de New York University.