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2019 se présente bien... après une année 2018 record pour les sociétés du CAC 40

Article achevé de rédiger le 2 juillet

Écrit par Franck Pauly | 5 minutes
MER. 04-09-2019

Rarement une année aura été aussi positive pour les sociétés du CAC 40 : 2018 est une année record a bien des égards. A mi-parcours de la nouvelle année, un bilan s'impose. Et 2019 se présente sous de très bons augures…

"Dividendes, chiffres d'affaires, investissements : rarement une année n'a été aussi bonne pour les sociétés du CAC 40. Aucune métrique n'a été décevante," résume Marc Lefèvre, associé chez EY et co-auteur d'une récente étude. Avec 1 336 milliards d'euros de chiffre d'affaires des entreprises du CAC engrangés en 2018 (+2 % en un an), l'activité atteint un nouveau record pour la 13ème édition de l'étude annuelle de EY. C'est aussi le meilleur cru de l'indice depuis …2011.

Une évolution de la base de comparaison

Un problème : on compare ici des carottes et des tomates. Ces chiffres sont en effet à prendre avec des pincettes. En 2018, Hermès (6 milliards d'euros de chiffre d'affaires) et Dassault Système (3,5 milliards) ont intégré le CAC 40 en lieu et place de Lafarge Holcim (23,5 milliards) et Solvay (10,1 milliards). Ce qui bien entendu change la base de comparaison ...

"Ces échanges masquent la véritable croissance organique des grandes entreprises, qui est encore plus grande," décrypte Marc Lefèvre. L'arrivée de Thalès (15,9 milliards d'euros de chiffre d'affaires) dans l'indice parisien le 24 juin à la place de Valeo (25,9 milliards) devrait provoquer un effet similaire fin 2019.

Mais "tous les secteurs d'activité, du pétrole à la santé en passant par les biens de consommation, sont en croissance, et ce pour toutes les zones géographiques", analysait Philippe Kubisa, associé spécialiste des marchés de capitaux chez PwC, dans une étude similaire publiée plus tôt dans l'année.

Léger recul des profits

Les bénéfices en revanche n'ont pas suivi : ils n'ont pas atteint de nouveaux records. En 2018, les résultats se sont maintenus à un niveau élevé, mais en léger repli par rapport au record de 2017. Les résultats nets publiés sont en baisse de -5 % à 89 milliards d'euros. Le niveau de la marge opérationnelle continue cependant à se restaurer (à 8,7 %) mais reste toujours très inférieur à celui d'avant-crise (10,8 %), selon l'étude de EY.

C'est tout de même bien meilleur que la moyenne des dix dernières années mais le cru 2018 a été plombé par Sanofi, dont le résultat a presque fondu de moitié à 4,3 milliards d'euros, Axa (-4 milliards) et Safran (-3,5 milliards). Sur les 39 sociétés analysées, on recense 24 hausses et 15 baisses, mais 12 sociétés font l'objet d'opérations non récurrentes (dépréciations, cessions d'actifs, …) venant dégrader leurs résultats, notait PwC dans son étude.

Entre 2006 et 2018, l'indice est pourtant passé de 5 542 à 4 731 points, soit une diminution importante de -14 %. L'indice reste en dessous des niveaux connus en 2007-2008 et a terminé 2018 sur une baisse importante de -11 % par rapport à 2017.

Si l'on prend en compte l'indice de rentabilité CAC 40 TR (Total Return) qui inclut dans son calcul l'ensemble des dividendes réinvestis, nous observons que les niveaux atteints fin 2018 restent au-dessus des niveaux d'avant-crise (+26 % par rapport à l'année 2008), selon PwC.

Record de dividendes versés

En 2018, les dividendes versés par les sociétés du CAC 40 ont progressé à 51 milliards d'euros, contre 47 milliards l'année dernière, selon l'étude de EY. Il s'agit d'un record pour l'indice boursier parisien. Le chiffre comprend à la fois des dividendes payés en numéraire et les dividendes payés en actions.

Autre point positif : après avoir atteint un plancher historique en 2017, l'investissement récurrent progresse en 2018, selon l'étude de EY. Porté principalement par quelques acteurs des secteurs de l'industrie et de l'énergie, il s'établit à 71 milliards d'euros, contre 68 en 2017.

Un nouvel exercice de croissance de l'activité en perspective

Enfin, 2019 se présente plutôt bien pour ces grands groupes français. Sur les 3 premiers mois de l'année, ces sociétés ont enregistré des progressions élevées de leur CA (+9 % en moyenne, selon le pointage de l'hebdomadaire boursier Investir). Le jour de la publication, ou le lendemain pour les communications post-clôture de la bourse, l'hebdomadaire a recensé 24 hausses des cours, contre seulement 14 baisses.

Cela dit, les prévisions de hausse des bénéfices des sociétés du CAC ont été légèrement révisées en baisse : le consensus établi par Factset qui tablait sur une hausse des profits début avril de 7 %, ne table plus aujourd'hui que sur une progression de 5,9 %.

"D'exceptionnelles dépréciations ont clairement fait baisser les résultats et par conséquent le résultat global du CAC 40. C'est, entre autres, pour cette raison que les 100 milliards n'ont pas été atteints. Néanmoins, ces dépréciations n'auront plus lieu d'être l'année prochaine", précisait Philippe Kubisa dans l'étude PwC. Autre signe rassurant, l'intégralité des sociétés devraient verser des dividendes à leurs actionnaires, et 23 d'entre elles les annoncent même en augmentation par rapport à l'an dernier, selon Investir. Un présage favorable à l'objectif des 100 milliards d'euros de bénéfices en 2019 ?

Auteur

Franck Pauly

Franck Pauly, journaliste financier indépendant, est aujourd'hui gérant à FAP Conseil. Anciennement rédacteur en chef des pages « Vos Finances » à la Tribune de 2004 a 2011, et rédacteur en chef adjoint des pages « Bourse » de 1999 à 2004, il a préalablement été chef de rubrique banques au sein d'Investir pendant 5 ans et chef de rubrique bourse patrimoine et coordinateur d'enquêtes nationales au sein de Capital. Il a débuté sa carrière en tant que correspondant financier en langue anglaise à l'agence Reuters (bourse, résultats, macro-économie) à Paris, puis comme correspondant à New York pour AFP-EXTEL News.

Il est également professeur de journalisme économique à l'Université Aix-Marseille et enseigne pour le Master Information et Journalisme Économiques à Sciences Po Rennes.

Il est diplomé de l'IEP de Paris, de l'Université de Nice et de New York University.