3 raisons de découvrir l'investissement contrarien

Louis Yang

3 raisons de découvrir l'investissement contrarien

6 DECEMBRE 2017
Par Louis Yang, rédacteur en chef - Cafedelabourse.com

L’investissement contrarien, vous en avez vaguement entendu parler mais vous jugez que vous êtes déjà trop occupé à détailler les publications des analystes financiers sur l’évolution des marchés et à surveiller votre ETF CAC 40 pour creuser le sujet ? Peut-être serait-il temps de vous pencher sur cette approche dont la philosophie est somme toute assez simple : aller à l’inverse des tendances du marché.

Voici 3 raisons de découvrir l’investissement contrarien.

Pour marcher dans les pas des plus grands

Paradoxalement, ne pas suivre les autres, c’est marcher dans les pas des plus grands. Les investisseurs de génie comme les figures qui ont révolutionné la science ou l’art n’ont eu de cesse de pratiquer une pensée affranchie de toutes convenances et souvent à rebrousse-poil de celles des autres. Galilée et sa démonstration de l’héliocentrisme qui a suscité tant de polémiques en est un exemple frappant. Ce n’est pas parce qu’une chose fait consensus qu’elle est vraie, comme l’explique si bien Anatole France en ces termes : "Si cinquante millions de personnes disent une sottise, ça n'en reste pas moins une sottise".

Dans le domaine de la finance aussi, les plus grands ont souvent refusé de se laisser dicter leurs investissements par les grandes tendances du marché. Warren Buffett a même donné sa propre version de l’investissement contrarien avec cette maxime désormais célèbre : « Nous tentons simplement d’être inquiets lorsque les autres sont avides et avides lorsque les autres sont inquiets ».

Pour laisser parler son côté contestataire

Être un investisseur contrarien, c’est d’abord laisser parler son côté contestataire, donner libre cours à son esprit critique et exercer son jugement au lieu de suivre celui des autres. Être un investisseur contrarien, c’est investir contre les tendances du marché. Pas par opposition systématique à tout et tout le temps (quoique si c’est dans votre nature, vous apprécierez), mais parce que vous accordez plus d’importance aux opportunités que vous laissent le marché qu’aux recommandations d’investissement des analystes.

Parce que la performance peut être intéressante

Mais l’investissement contrarien n’est pas un modèle irréfléchi et absurde réservé à des rebelles prêts à sacrifier leur argent au profit de leurs idéaux contestataires, loin de là ! C’est même un type d’investissement qui, de par sa définition, peut proposer une performance intéressante. En effet, si vous investissez sur un produit qui marche en même temps que tout le monde, vous aurez raison, mais sans gagner beaucoup d’argent. En revanche, si vous êtes le seul ou presque à parier sur une entreprise qui n’intéresse personne et qu’elle devient un leader de son secteur, vous pourrez potentiellement réaliser une performance inattendue. Warren Buffett explique ce mécanisme ainsi : « La plupart des gens s’intéressent aux actions lorsque tout le monde s’y intéresse. Le moment d’être intéressé est quand personne d’autre ne l’est. Vous ne pouvez pas acheter ce qui est en vue et réussir. » A contrario, en achetant ce qui n’est pas en vue et qu’il s’agit d’un bon investissement, vous aurez sacrément réussi. C’est l’approche même de la stratégie value par exemple. L’investisseur achète alors non pas une entreprise « qui a la cote » mais une entreprise aux fondamentaux solides et qui par conséquent devrait voir son cours progresser à terme. Benjamin Graham, le mentor de Warren Buffett, nous en fait la leçon : « À court terme, la Bourse est une machine à voter, à long terme, c’est une machine à peser ». In fine, les prix finissent toujours par s’ajuster. Reste à savoir quand. Car il faut tout de même que cela corresponde avec votre horizon d’investissement.

Le risque indissociable de l’investissement contrarien

Enfin, nous souhaitons attirer votre attention sur le principal bémol de l’investissement contrarien : son risque. Si les gains peuvent être importants, les risques peuvent eux aussi être conséquents. En effet, si vous investissez sur une société qui ne suscite pas l’enthousiasme des investisseurs, c’est peut-être parce qu’elle ne le mérite pas, et même si elle est proprement révolutionnaire, si la foule ne suit pas, votre investissement restera un échec. On a beau vendre le meilleur service ou produit du monde, si personne ne l’achète, on ne fait pas de profit. La pensée contrarienne et l’investissement contrarien sont même les bases du capital risque, fondé sur la capacité de l’investisseur à savoir anticiper les succès de demain. Jeff Bezos, fondateur et PDG d’Amazon le reconnaît : « Les retours sur investissement exceptionnels s’obtiennent souvent en allant contre la sagesse de la tendance générale, et la sagesse de la tendance générale est… généralement juste ».

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